amato

Librement inspirée d'une nouvelle de Stevenson, l'histoire que nous raconte Denis Lapière est intimiste, feutrée, presque minimaliste. Minimaliste dans le bon sens du terme: c'est entre les lignes, dans les silences, que le récit prend son rythme propre et sa profondeur.

Il est très largement servi en cela par le talent d'Aude Samama qui crée des atmosphères en composant des harmonies de rose, de bleu, de vert-brun toujours soutenues par des noirs profonds. De la lumière du petit matin jusqu'au halo d'une bougie dans de lourdes ténèbres, tout contribue à refléter les émotions de l'héroïne.

Le teaser de l'histoire se trouve sur le site de Futuropolis, en suivant ce lien: http://www.futuropolis.fr/planche.php?id_article=724072

On y trouve même les cinq premières pages de l'album, mais c'est là que le bât blesse: les contrastes sont trop forts, les nuances sont écrasées, les contours sont accentués. Rien a voir avec la douceur, le velouté du pinceau d'Aude. Heureusement, l'impression de l'album est très soignée.

On peut être surpris en ouvrant le volume de lire: "peintures de Aude Samama", et non "dessins". C'est pourtant vrai, chaque case est un tableau. Avec l'autorisation de l'auteur, voici quelques unes de mes cases préférées. Cela se passe de commentaires.

Amato_Samama_01            Amato_Samama_02            Amato_Samama_03        Amato_Samama_04      

Amato_Samama_05           Amato_Samama_06

Pour finir, j'ai eu l'agréable surprise de la couverture, où l'attitude d'Hélène fait écho à celle de la Salammbô qu'Aude m'a peinte au début de cette année. C'est un peu plus grand que du A3. La voici:

salammbo_Samama_3_copie

Aude Samama est une artiste cultivée qui a su retrouver avec ce mouvement de tête et de bras un peu (!) forcé l'expression de douleur et d'abandon de toutes les Ariane et de toutes les Niobé de la sculpture grecque tardive.

Les critiques rapprochent cette peinture du fauvisme. Ajoutons-y le petit clin d'oeil à Balthus de la dernière case.

On peut voir (et acheter) le travail d'Aude Samama auprès de Manuel Gérard, à De l'Art sur la Planche, en suivant ce lien: http://www.delartsurlaplanche.com/

Bon, à la relecture de ce premier article, c'est bien austère et pontifiant. J'essaierai de faire mieux la prochaine fois!