GroomAttention, ceci est un billet d'humeur à prendre avec des pincettes!

Bon ben voilà... J'étais sûr de devoir être dithyrambique. Il faut dire... Yann au scénario et Olivier Schwartz au dessin; l'effervescence de Yann, et la beauté du trait de Schwartz! Allait-il enfin sortir cet album?

Le voici. A retenir? Euh... Ah si, quand il est ému, Fantasio fabouille et fait des contrepèteries qui n'en sont pas (à moins qu'on ne veuille nous dire que son génie inventif est lié à une dyslexie qui reprend le dessus sous le coup de l'émotion?). Je ne plaisante pas: tout est tellement prétentieux dans le scénario!

Des dizaines et des dizaines de références, d'allusions, de clins d'oeil qui encombrent l'histoire jusqu'à la faire oublier. En quelques centimètres carrés, on passe du char Obama à la statue de Franquin flanqué du Marsupilami avant de découvir la lotion capillaire du docteur Will... Franchement, on a l'impression de jouer au jeu des 7 erreurs: seras-tu assez perspicace ami lecteur?

Notez, c'est commode: cela permet de se mettre dans la poche les happy few qui repèreront tout et, se croyant de connivence, alimenteront en initiés les conversations mondaines avec des propos bien sentis sur les hommages discrets ou appuyés, sur le nécessaire caractère autoréférentiel de la BD, sur l'humour pulp qui s'autodénonce (le spectre de Tarentino n'a pas fini de frapper)...

Faut-il qu'une histoire n'ait rien à dire pour se tenir toujours hors d'elle-même, pour vouloir séduire avec une boîte à cirage qui s'appelle Blondin?

Et puis, le clou: le procès de Hergé en fil rouge et qui débouche sur une aporie couvrant toute la planche 43. Ciel quel provocateur, quel iconoclaste que ce Yann! Et je suis sûr que de cliché en cliché, on fera de cet album un must.

Et Olivier Schwartz dans tout ça? Il gère la pléthore comme il peut. Mettre un trait souple, élégant, délié, qui s'accorderait avec une histoire tendue, au service d'une cacophonie: voilà le challenge. Il s'en tire remarquablement avec les avions, et quelques cases sont vraiment dynamiques.

Eh bien non, je ne parlerai pas de Glu-Glu ni d'Ursula: je laisse d'autres vous dire que leur(s) charme(s) dépoussière(ent) la vision de nos héros trop guindés. On n'en est pas à un cliché près.

Au fait, on ne dirait pas, mais j'adore YANN. Si vous voulez mieux le connaître, vous devez lire son recueil d'entretiens avec Ronan Lancelot, chez l'excellent éditeur TOTH.

Harem